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illustration Bienvenue sur rmfc ! RPG city basé sur le voyage temporel - rpg libre : pas de minimum de mots, pas de quota rp par mois - avatars réels de toute nationalité 200*320 - 5 jours pour poster sa fiche chronologique - pas de fiche de présentation - design par daevil et krow

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Les dernières aventures

una plaga conciderit, ignominia senatus. apud has gentes, quarum exordiens initium ab assyriis ad nili cataractas porrigitur et confinia blemmyarum, omnes pari sorte sunt bellatores seminudi coloratis sagulis pube tenus amicti equorum adiumento pernicium graciliumque camelorum per diversa se raptantes, in tranquillis vel turbidis rebus: nec.



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ezra ☾ afraid to be near you. (98/12)
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Mayfield Ezio
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Sam 5 Jan - 1:55
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afraid to be near you.
Mal de crâne insupportable. Sifflement incessant qui le rend malade. Qu’a-t-il fait encore ? Aurait-il bien trop bu lors du nouvel an ? Lui qui avait pourtant juré de ne jamais devenir comme son beau-père. Quel crétin. Un grognement et il porte sa main à sa tête, comme si cela pouvait le soulager d’une quelconque manière. « Plus jamais de scotch… » qu’il marmonne difficilement. Commençant lentement à soulever son corps endolori et courbaturé, il se redresse sur son lit… Lit qui semble étrangement étroit. Son regard se pose sur ces couvertures qui lui rappellent d’étranges souvenirs. « Qu’est-ce que… » Sa voix s’échoue en un écho qui disparaît bien vite sous les violents coups que l’on donne à sa porte. « Mais tu vas te réveiller, oui, morveux ! » qu’on lui gueule avec toute la délicatesse du monde. Ses sourcils se froncent et avant même qu’il ne comprenne, son beau-père surgit dans sa chambre, faisant voler la porte contre le mur. Mais qu’est-ce qu’il fout là, lui ?! « Occupe-toi d’emmener la petite à l’école– » Avant même qu’il n’aille plus loin, le fracas de verre brisé se fait entendre et l’homme vient grogner dans sa barbe. « Qu’est-ce qu’elle a encore foutu… Et toi t’as intérêt à te bouger le cul. » qu’il lui lance, un air sévère tout en pointant un index en sa direction.
Che cazzo…

Une hallucination… Cela doit être une hallucination, rien de plus. Pourtant la voix de son beau-père qui engueule sa petite sœur lui semble claire et réelle. Ezio réfléchit à toute vitesse, cherchant à se remémorer la veille mais son mal de crâne l’empêche de fouiller dans sa mémoire. Il se sent perdu et surtout très perturbé. Rien ne lui semble logique. Sa sœur apparaît discrètement, se penchant pour jeter un regard en sa direction. Immédiatement, c’est le choc. Il ne l’a pas revu depuis tant d’années et pourtant, elle est là, à lui sourire innocemment. Elle lui fait simplement savoir qu’elle l’attend dehors avant de repartir comme si de rien n’était. Un nouveau cri de l’homme et Ezio se lève enfin, sortant en trombe de la maison. Il rejoint sa sœur qui le dévisage sans la moindre discrétion. « T’es trop bizarre aujourd’hui. » Il ne répond rien, il ne sait quoi dire. Un rêve… Cela doit être un rêve. Elle hausse les épaules et se met à lui raconter ses dernières aventures ainsi que les cours de la veille. Mais ces choses-là, il les a déjà entendu. Il se surprend même à finir les mots de sa sœur. « Définitivement trop bizarre. » qu’elle a dit sans chercher plus loin.

À peine l’a-t-il quitté devant l’école, qu’il s’empresse d’aller découvrir les environs. Des endroits qui ne devraient plus être ici, une technologie qui ne demande qu’à être améliorée, des jeunes qui parlent d’émissions complètement dépassées… Tout ça n’a aucun sens. Tel un fou, il se met à aller demander la date d’aujourd’hui à plusieurs passants. Tous le dévisagent comme s’il venait d’une autre planète. On ne saurait dire si cela est dû à ses stupides questions ou à ses yeux clairs et tâches de rousseurs si persistantes. Finalement, il se met à courir en direction du premier marchand de journaux se trouvant dans le coin et là, c’est nouveau le choc. 1998… Ce sont les chiffres qu’il peut lire tout en haut de la couverture. Pas possible. À nouveau, il demande la date au vendeur. « Mais tu sais pas lire ou bien ? » Alors cette fois-ci, il lui demande si ce sont bien les journaux d’aujourd’hui, ce qui désespère le vendeur. « Fous-moi la paix gamin. » Alors il s’éloigne et enfin, il remarque son reflet au travers d’une vitre. Pas possible. Ses traits fatigués ont disparus. Ainsi qu’une bonne vingtaine d’années. « Cazzo ! » s’exclame-t-il, heureux. Que ce soit un rêve ou qu’on ait réellement répondu à ses prières, il s’en tape. Ezio a bien l’intention d’en profiter à fond.

Plus tard, le voici là où la nature occupe bien plus de place que les constructions humaines. Elle ne va pas tarder qu’il se répète en dansant d’un pied à l’autre, mourant d’impatience de la voir. Pourtant, il n’est pas sûr qu’elle soit là. Même un rêve ne peut réellement ramener les disparus. Il ne perd pas espoir pour autant, mais s’impatiente. Se serait-il trompé ? Impossible, il se souvient parfaitement de leur première rencontre. Même s’il avait fuit avec son butin en poche. Un sourire nostalgique étire ses lèvres alors qu’il se perd dans ses pensées, songeant à cette douce époque où tout lui semblait facile et possible. Finalement, il aperçoit la silhouette qu’il attendait tant. « Haera ! » Il court vers elle et vient doucement saisir son poignet, l’empêchant de poursuivre son trajet. Elle est là… Elle est vraiment là. Cela le bouleverse à un point qu’il n’ose même plus bouger. Ses lèvres s’entrouvrent mais aucun mot ne veut en sortir. Il est juste paralysé alors que le temps s'arrête. Finalement c'est le déclic et il ose enfin faire la seule chose qui lui parait censé à cet instant ; la prendre dans ses bras. Il la serre doucement contre lui, profitant de cette douce illusion car ce moment il en rêvait tant et ce, depuis des années.

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Min Hae Ra
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Sam 5 Jan - 14:46
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Min Hae Ra a 22 ans et les seuls cours qui lui sont autorisés sont ses « divertissements » au conservatoire et définis comme tels parce qu’il est inconcevable qu’une femme pianiste soit reconnue pour son talent sans avoir au préalable une bague au doigt. Stratagème vil d’une société patriarcale qu’elle déplore, puisqu’une fois cela fait, le rôle de la femme est au foyer et ses rêves envolés à tout jamais par le besoin d’une descendance. Des objectifs prédéfinis pour tous, faciles à comprendre, mais pas pour la musicienne qui souhaite qui ose se demander pourquoi ce chemin-là et pas un autre. Dans ses envies d’échapper aux leçons de conduite à savoir comment se comporter et briller dans les soirées mondaines, elle se cloitre, loin des persécutions intempestives de ses géniteurs. Et lorsqu’elle décide que faire glisser ses doigts sur les touches noires et blanches ne lui suffit plus, elle fait ses affaires et se dirige vers la plage.

Le flot des vagues pour seule mélodie, le sable encore chaud qu’elle sentira bientôt sous ses pas et l’odeur salée qu’elle inspire profondément, malgré l’air frais qui vient emmêler sa longue chevelure, la brune se sent chez elle. Déposant ses affaires, Hae Ra se délecte du frisson qui fait danser son échine. En dessous de sa robe longue, un maillot une pièce joliment décoré par quelques plissages commence à se dévoiler, une épaule après l’autre. Mais au loin, son nom scandé lui fait tourner la tête en direction d’un jeune homme inconnu. Un étranger.

Si la belle ne se fit pas aux apparences, considérant parfois le plus ingrats des physiques comme une vertu pour être des plus naturel et plus sincère qu’il soit contrairement au prince charmant dont les intentions sont bien moins louables qu’un cœur déjà blessé par les mœurs coréennes et qui y a survécu. En soi, elle n’a pas eu le temps d’observer en détail le nouvel arrivant, tétanisée par la présence d’un homme lorsqu’elle choisit ses heures et l’endroit idéal pour sortir de sa tour d’ivoire, mais également par son poignet encerclé par les doigts fins de l’ingénu. Ses yeux grands ouverts et la panique accélérant le rythme de son cœur, la nageuse amateur tente de s’en dégager, jugeant cette proximité indécente et plus encore lorsque son agresseur l’enlace. La peur la paralyse plus qu’elle ne l’encourage à fuir, restant sur place à ne pas comprendre, comme une marionnette prisonnière de son propre corps durant quelques secondes, elle se tend. Pourquoi ? Encore cette question, car il n’y a rien de farouche dans l’étreinte, aucune main qui ne saurait se poser sur ses hanches. Malgré tout l’idée lui rend ses moyens et elle se débat en poussant, rouge de honte sur le torse qu’elle avait rencontré, se mettant à crier en dépit du souffle qui lui manquait alors « L-LACHEZ-MOI !! NE ME TOUCHEZ-PAS ! » Ses mains forment des poings placés au-devant de son corps pour parer un éventuel nouvel assaut, ses épaules se dressent à auteur de son cou et ses jambes qui ne sont toujours pas décidées à lui répondre reculent malgré tout dans quelques pas maladroits. Si l’idée d’être confrontée aux avances de prétendants futurs la rendait nerveuse, celle d’être enlacée pour la première fois de façon plus concrète l’avait surprise. Elle n’aurait jamais imaginé ce premier contact rapproché avec la gente masculine aussi intrusif. La violence de son cœur qui cognait abruptement contre sa cage thoracique lui donnait le tournis, ou était-ce le feu qui embrasait ses joues qui le faisait battre à ses tempes ? Indignée, elle cherche à récupérer son sac, déglutissant au mieux, son regard sombre perdu dans cette contemplation afin de mémoriser chaque trait de son bourreau. Aucune animosité, aucun vice ne transparaissait dans les iris claires de l’étranger, malgré cela la méfiance. Elle était en colère, apeurée et démunie s’il devait tenter quoique ce soit. Elle lui donnerait tout pourvu qu’il ne s’approche plus d’elle, elle laisserait son sac et s’en irait sans demander son reste s’il voulait bien lui en laissait la chance. « Laissez-moi tranquille… » dans son extrême gentillesse elle aurait rajouté « s’il vous plait », mais s’était retenu en mordant sa lèvre, ses yeux humides n’exprimaient aucune violence, seulement la détresse dont elle était sujette et elle avait honte. Un murmure à peine audible dans un presque sanglot étouffé. Elle voulait juste nager, insouciante et le risque auquel elle s’était exposé était bel et bien réel.
Mayfield Ezio
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Dim 6 Jan - 17:53
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Pas malin. Il ne réfléchit pas, fonçant tête baissée. Ce rêve, il veut en profiter pleinement, s’en souvenir longtemps. Ezio tombe de nouveau dans ces mauvaises habitudes où l’illusion lui plait bien plus que la réalité. Il jure pourtant ne plus avoir touché à la drogue depuis cette époque-là. Et ce n’est pas l’homme qu’il est devenu, frôlant la quarantaine, qui dira le contraire. Son esprit s’embrouille et son cœur s’emballe. Il ne peut l’expliquer mais ce rêve lui semble bien trop réel, ces émotions qu’il ressent lui paraissent si vraies. Son cœur refuse de se calmer. À un point qu’il en a même peur de se réveiller. Cependant, il ne veut pas partir. Non, pas maintenant. Pas alors qu’il a revu ce visage qui lui manquait tant. Ce visage aussi identique que dans ses souvenirs. Cette chaleur l’avait tant manqué. Il n’a rien ressenti de tel depuis si longtemps. Le jeune homme en pleurerait presque s’il ne se sentait pas si apaisé en sa présence. Il refuse de s’éloigner, en oubliant les secondes qui s’écoulent lentement. Si pour lui le temps s’est arrêté, ce n’est pas le cas de la demoiselle.

Un cri et sa moitié se détache de lui, le laissant dans une incompréhension dont il se serait bien passé. Relevant le regard vers elle, il suit ses mouvements des yeux. Elle semble vouloir se défendre. Sans réelles raisons, il lève doucement les mains, comme pour montrer qu’il est innocent et surtout, qu’il ne lui veut aucun mal. Cette fois-ci c’est d’une voix calme qu’elle lui demande de la tranquillité. Ezio remarque enfin ses yeux si humides, comme si elle était sur le point de pleurer. Surpris et déconcerté, il a du mal à réagir. « Mais… Je… Tu me reconnais pas ? » Pourquoi réagit-elle ainsi ? Mon dieu, qu’a-t-il fait ? Elle semble réellement terrorisée par sa présence et son attitude. Si ce n’est qu’un rêve, alors pourquoi est-ce que cela se passe ainsi ? N’a-t-il pas le droit d’être heureux au moins dans le royaume de Morphée ? « Je ne te veux aucun mal. » qu’il réussit tout de même à articuler pour la rassurer. Et pour illustrer ses propos, il vient doucement reculer de deux pas.

Soudainement, c’est la réalité qui vient le fouetter en plein visage. « Merda ! » s’exclame-t-il avant d’enfouir son visage entre ses mains. Quel idiot. Ce n’était pas censé se passer comme ça. Une fois de plus, il a tout foutu en l’air. Il ne devrait d’ailleurs pas tarder à se réveiller. Ezio n’ose même plus affronter le regard de sa douce déesse. Il se sent honteux. Quelque chose au fond de lui semble être sur le point de se briser, de s’effondrer. Pourquoi cela lui fait-il si mal ? Qu’elle ne le reconnaisse pas ? Qu’elle l’ait pris pour un type pas net ? Et pourquoi ne se réveille-t-il pas maintenant ? Il attend, mais rien. Alors, il déglutit et retire finalement ses mains de son visage.

Mordillant sa lèvre inférieure, il réfléchit à toute vitesse. Se pourrait-il qu’il ait remonté trop loin, jusqu’au jour de leur rencontre ? Il devrait certainement dire quelque chose, mais quoi ? Ayant soudainement une idée, il lance un coup d’œil à ses affaires avant de rencontrer le regard de la demoiselle. Bien, il n’a qu’à reproduire les événements passés et voir ce qui se passe. Ça ne devrait pas être trop compliqué. Alors, sans crier gare, il s’élance et choppe le sac de sa victime. Il en sort le portefeuille qu’il conserve comme butin. « On t’a jamais dit qu’il fallait toujours faire attention à ses affaires ? » Sourire taquin, il s’amuse à secouer le portefeuille pour la narguer. Ça ne s’était pas tout à fait passé comme ça, mais qu’importe, elle l’a tout d’abord connu en tant que voleur avant de réellement faire sa connaissance. « Si tu veux le récupérer, t’as qu’à me suivre. » Mais le fera-t-elle ? Elle qui a été élevée loin de tout danger. « Sinon, je te le rendrais à notre prochaine rencontre. » affirme-t-il dans un haussement d’épaule. C’est plutôt brave de sa part de présumer que leurs routes se croiseront de nouveau. Mais lui le sait. Un sourire joueur peint sur ses lèvres, le regard pétillant de malice, Ezio a l’impression de réellement revivre son adolescence. Ses sens se bousculent et ses pensées ne deviennent plus qu’un épais brouillard. Sa maturité s’envole, de même que ses soucis. Derrière ce sourire, le jeune homme fait ses adieux à l’adulte qu’il est devenu. Ni blasé, ni désespéré. Il n’est désormais plus qu’espoir et insouciance.

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Min Hae Ra
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La peur au ventre, elle n’arrive plus à bouger, elle est faible et elle le sera toujours face au monde qui la bouscule, qui l’ignore ou qui la dirige dans le sens d’un courant qu’elle n’a pas décidé de suivre. Contre toute attente, il est surpris, l’inconnu la dévisage, perdu et elle ne le reconnait pas. Ces yeux clairs, elle s’en serait souvenu, elle s’y serait perdu volontiers si elle ne s’était pas sentie menacée. Puis c’est à son tour d’être en position de force, du moins ce qu’elle croit. Sur la défensive elle n’ose pas approcher. Hae Ra ne peut qu’offrir un regard confus à l’étranger qui semble traverser bien plus d’émotions qu’elle, tout aussi violemment cela dit. Elle déglutit, elle voudrait parler, mais elle pense à fuir et finalement, lorsqu’il se redresse, c’est pour mieux récupérer ses affaires, fouillant impunément dans le tissu pour en extirper son portemonnaie.

Les yeux de la brunette s’agrandissent, mais elle est soulagée. Ce n’est donc qu’un petit voleur ? Sourcils froncée, elle se demande pourquoi est-ce qu’il lui a fait si peur. Il n’a fait que jouer avec ses émotions, la rendant plus vulnérable et sonnée qu’elle n’aurait due et pour cette raison, elle s’en veut. Soulagée, elle ne demande qu’une chose, une seule, en observant entre les doigts du brun la bretelle du sac. « Vous pouvez prendre l’argent… mais, s’il vous plait rendez-moi mes partitions » droite, froide, peu convaincue, mais peut-être convaincante ? Elle essaie en tout cas, papillonnant pour chasser l’eau salée qui ne coulerait pas finalement. Elle n’avait pas pu s’en empêcher, prononcer ce s’il vous plait ne lui avait même pas coûté, ni trop fière, ni trop exigeante malgré les apparences. Il a eu la décence de reculer après l’étreinte. Lorsqu’elle y repense, elle frotte étrangement sa main contre son coude par-dessus la manche de sa robe. Puis remonte lentement cette dernière en panique, se rendant compte qu’elle était sur le point de retirer ses vêtements pour aller nager, ce qui l’exposait bien plus tout à coup. « Pourquoi est-ce que… je vous suivrais ? » L’argent ne manque pas, elle aurait mieux fait de se taire, mais petite arrogante, ce pourquoi revient, non pas parce qu’elle ne voit aucun intérêt à le faire, mais parce que pour elle, l’enjeu est tout autre « Vous connaissez mon prénom… » l’avait-il suivi ? C’est ce qu’elle pensait et ça lui faisait froid dans le dos. Il ne lui avait rien fait, il n’avait pas l’air méchant, comment pouvait-elle penser ça alors qu’il avait dépassé en quelques minutes plusieurs limites.

De nouveau la stupeur la frappe, il lui avait adressé la parole dans un coréen parfait, ce n’était pas un simple touriste. Sur quel drôle de personnage était-elle tombée ? Au fond d’elle une alarme assourdissante résonnait, mais s’étouffait lentement sous le besoin imminent de nouveauté, celui d’un vent qui souffle fort pour l’emporter elle, chasser ses problèmes. Elle était intriguée, mais cela ne rimait pas avec sa prudence. La musicienne se mord la lèvre. Est-ce qu’il va se mettre à courir ? Elle n’a aucune chance dans le sable avec ses talons, certes de quelques centimètres à peine, mais suffisant dans cet environnement à la déstabiliser. « Pourquoi moi ? » Stupide question, néanmoins elle ne lui laissait plus le temps de répondre, avide de ne pas le voir s’évaporer sous peu, puisqu’il lui permettait cette distance dont elle avait besoin sans la brusquer de nouveau. L’océan pouvait attendre, peureuse qu’en une fraction de seconde à zieuter les vagues s’écraser et former l’écume appréciable qui caressait ses chevilles avant qu’elle ne s’y jette, l’étranger se soit enfuit sans répondre. Il ne lui devait rien, il ne le ferait peut-être pas, mais elle tentait, pour une fois. Elle brulait d’envie de savoir son nom, simple retour des choses puisqu’il connaissait le sien, mais elle attendait, elle voulait connaître la suite de l’histoire, fuyant parfois ce regard perçant sans quitter des yeux l’ensemble, toujours dans son champ de vision. Imprudente, finalement de laisser l’inconnu qui l’avait agressé à deux reprises de deux façons différentes, filer ou même de s’y intéresser. Avait-il réellement eu l’intention de la voler ? C’était tellement bizarre, mais elle avait toujours aimé ça, comme un secret bien gardé. Allait-elle lui pardonner ? Incapable de se venger de toute façon, elle ne risquait en tout cas pas de le dénoncer.
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Dim 6 Jan - 23:28
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Se plaisant dans ce retour dans le passé, il peine à réaliser la cruauté de la réalité. Oubliant le fait qu’à tout moment, ce doux mirage peut disparaître sans laisser la moindre trace, ne devenant rien de plus qu’un rêve dont il ne pourra se souvenir comme bon lui semble. Du moins, c’est ce qu’il pense. Il s’en persuade. Après tout, il n’a aucune explication, aucune théorie qui mettrait un terme à ce mystère. Si certains font souvent le même rêve, d’autres peuvent tout simplement revoir leurs souvenirs… Peut-être devrait-il s’en soucier davantage, essayer de comprendre un minimum. Mais le jeune homme semble ne pas avoir l’esprit disposé pour réfléchir à une quelconque idée. Tout comme dans ses souvenirs, à chaque fois que Haera est dans les parages, il a du mal à se concentrer, il se laisse submerger par ses émotions. La voir ici, avec cet étendu d’eau dans le fond ne le rassure pas du tout. Cela ne fait que lui rappeler l’horreur qui s’est produite en son absence. Il se sentira, toute sa vie, fautif. Tout comme il haïra toujours les parents de la belle. Et même cette dernière, il y eut un temps où il l’avait tant détesté. Du moins c’est ce qu’il pensait. Il lui en voulait d’avoir mis fin à ses jours et jamais il n’a voulu essayer de la comprendre. Il ne peut pas. Il n’a jamais conçu l’idée d’un monde sans elle mais y a été contraint. Et si lors de certaines soirées, l’idée de la rejoindre dans un autre monde semblait de plus en plus tentante, il n’y a jamais cédé. Préférant vivre en ne ressentant rien d’autre que le vide car ça, il l’avait bien mérité. S’accrochant à tout, s’accrochant à rien.

Se serait mentir de dire qu’aujourd’hui, il ne lui en veut plus de son départ. Mais peut-il réellement lui reprocher quoique ce soit ? Lui qui a été absent au moment le plus crucial. Lui qui se tient aujourd’hui devant la jeune femme dont le visage n’exprime qu’innocence et détresse. Il ne peut pas. Il ne peut ressentir la moindre négativité avec elle à ses côtés. Se ressaisissant, Ezio redevient la personne qu’il était autrefois. Ce voleur et délinquant dont le voisinage ce serait bien passé. Fourberie pour se remplir les poches, taquinerie pour faire passer le temps ; tout n’était qu’amusement à cette époque. Et cette époque, il semble bien y être ancré à nouveau. Jouant au jeu du voleur, il cherche à la faire réagir mais aussi à la cerner. Haera n’est pas ce qu’elle laisse paraître. Si d’autres la voient comme une jeune fille délicate dont l’avenir ne sera que luxe et confort, lui y voit bien plus. Toutes ces facettes qui l’émerveillaient tant, il veut les découvrir à nouveau. Tomber une nouvelle fois sous son charme sans jamais chercher à se relever.

Ezio fait l’idiot, cherchant désespérément à retrouver sa confiance tout en faisant disparaître cet ouragan aux émotions si mitigées. Sa moitié commence doucement à réagir et à l’entente de ces mots si droits et formels, il arque un sourcil. Les partitions, oui, bien sûr il aurait dû s’en douter. Il réfléchit, l’italien, mais ne dit rien. Curieux comme toujours, il se met à chercher dans le sac, trouvant alors ces précieuses partitions. Les souvenirs qui lui reviennent à l’esprit sont si forts qu’ils font résonner en lui de douces mélodies qu’il avait l’habitude d’entendre. Seule la voix de la déesse réussit à le faire revenir à lui. Pourquoi le suivre, lui, ce type bizarre ? Un nouveau sourire avant qu’il ne vienne mordiller sa lèvre. « Aucune idée. » qu’il murmure. Peut-être aurait-il dû chercher une bonne raison, quelque chose pour la convaincre.

À l’entente de cette autre question, il tente tout de même de réfléchir un minimum. Lui qui pensait qu’elle ne l’avait pas entendu. Trouve quelque chose, qu’il se répète. « Ah, ça… » qu’il commence en passant une main dans sa masse de cheveux. « C’est… Juste une habitude. D’appeler les gens par des noms de dieux anciens. Hera… Tu m’as fait penser à Hera. » Peu convaincant comme argument, alors il préfère faire diversion. « Tu peux m’appeler Apollon… Si tu veux. » Son regard ne quitte pas le sien alors qu’il lui adresse un sourire des plus charmeurs.

Plus il réfléchit et plus il se dit qu’il ferait mieux de partir s’il ne veut pas ruiner ses chances de la revoir. Mais quelles sont les probabilités pour qu’il la revoit à nouveau et surtout, qu’elle accepte sa compagnie ? Son départ est bien plus catastrophique qu’il ne l’était à l’initial. Se mettant à bouger, il pèse le pour et le contre. Veillant de temps à autre l’horizon avant que son regard ne se perde de nouveau sur sa moitié. Et enfin, cette question. Il se tourne alors vers elle, la regardant comme s’il avait peur de la voir disparaître juste sous ses yeux. « C’est ce que je me demande aussi. » qu’il murmure à lui-même. Cette réponse il a tant cherché à la savoir. Jamais il n’a vraiment su. Parfois il s’est même demandé s’ils étaient réellement faits l’un pour l’autre ou s’il s’était uniquement trouvé en travers de son chemin pour causer sa perte. Un pas en reculant et il lui demande tout en retrouvant ce sourire si sûr de lui. « Pourquoi tu ne fuis pas ? » Il rajouterait bien qu’après tout, il peut se révéler être un criminel mais le risque qu’elle le prenne au sérieux n'est pas à négliger. « Tes partitions, tu peux les retrouver n’importe où… À moins qu’elles soient de ta propre composition ? » Il questionne, toujours, même lorsque la réponse est déjà en sa possession. Un deuxième pas, il hausse les sourcils, scrutant la moindre de ses réactions comme s’il espérait une invitation.

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C’était agaçant cette façon de s’adresser à elle, la notion de respect n’était sans doute pas la même ou placée dans les pronoms, toujours était-il que malgré sa peur, le calme avait succédé à la tempête et si son cœur battait plus vite à présent ce n’était pas par crainte qu’il s’approche de nouveau, mais bel et bien de perdre ce qu’elle apprécie le plus dans sa petite vie supposément bien rangée aux yeux du monde : ses partitions. Elle déglutit, demandant pourquoi le suivre et il ne semblait pas avoir de réponse à lui donner. Ce n’était pas prémédité, ou alors il était très bon comédien et le danger auquel elle s’exposait était excellemment bien dissimulé. Petit agneau égaré et téméraire, la soif d’aventure qui circule sous sa peau lui arrache un frisson. Elle l’aurait oublié ? Impossible, comment faisait-il ? Fascinant ? Hypnotisant et à la fois malicieux. L’inconnu l’intriguait et avec lui ce charme spontané qui l’offusquait. Inspirant profondément, elle ne sue quoi répondre. Apollon ? Héra ? Il n’était pas allé chercher bien loin, pour un comédien, soudainement il lui apparaissait moins talentueux.

Voilà qu’il marmonne, ne donnant pas de réponse, préférant rétorquer par une nouvelle question, elle non plus ne sait pas, sa tête, la colonne droite comme un i, elle recule. « Je ne sais pas… je veux juste… » ses partitions, oui et immédiatement elle se mord la lèvre en le voyant reculer à mesure qu’elle se crispe. Il fouille, elle aurait dû se taire, mais elle s’est montrée honnête avec quelqu’un qui ne l’était pas forcément. Aucune réponse signifiait que les notes étaient bien d’elle et quelque chose lui disait qu’elle avait tout intérêt à ne pas le lui faire savoir. « Ce sont mes devoirs » piètre mensonge dit pourtant dans une attitude qui ne trahissait rien. Elle avance malgré tout, hésite à réclamer et se fait plus prudente. La musicienne avait l’impression d’être un poisson que l’on ferrait et ça ne lui plaisait guère, se disant plus maligne que cela et pourtant, elle avait envie de se laisser prendre, non pas sans avoir l’assurance de pouvoir faire céder la corde ou tout du moins tirer assez fort pour ne plus être accessible et espérer se défaire d’une autre emprise que la sienne. Il y avait tant de fils autour d’elle qu’il suffisait de les réunir pour en faire une petite marionnette. Sage et docile, elle l’était sans nul doute, mais pas encore domptée, pas encore perdue. Elle n’avait pas encore abandonné ses rêves.

« Pourquoi voler des partitions ? Vous n’en tireriez rien, ce ne sont que des brouillons à faire corriger » sous-entendu par des professeurs qualifiés, elle avait précédemment révélé être musicienne, dorénavant étudiante au conservatoire, donnant un moyen supplémentaire au stalker de l’appréhender plus facilement lorsqu’il le voudrait. Intérieurement elle se sent stupide et elle mordille sa lèvre encore. Les sons qui lui parviennent ne sont qu’un souffle en comparaison de cette discussion. En était-ce seulement une ? Il n’avait aucun mal à la comprendre quand elle peinait parfois à déchiffrer l’accent particulier néanmoins plus chantant que sa propre langue. Les intonations étaient différentes, vivantes, de nouveau si spéciales qu’elle ne pouvait décemment pas ignorer ses prises de parole. Elle ne voulait plus qu’il fuit dorénavant. Allait-elle le suivre ? Courir le risque ? Elle en mourait d’envie. Et si… finalement, et si elle tentait ? Et s’il se passait quelque chose ? Tant pis se disait-elle, déjà dévastée par ce lendemain sans avenir, elle n’avait rien à perdre ? Son cœur balance et elle ouvre la bouche sans rien dire, comme retenue par ses manières, par cette peur du saut dans le vide, mais en même temps. Elle se frustre de ne pas avoir de mots à dire, l’enfant qui contemple plus sa vie qu’elle ne la joue cherche à briser le miroir, juste un peu. « Un échange… ? Un échange ! Mes partitions… contre… contre quoi ? » otoke ? qu’est-ce qu’elle doit faire ? Il a son sac… peut-il vraiment exiger plus que ce qu’il contient ? Oui… mais elle se refuse d’y penser, il l’avait laissé. Proposition alléchante au rendez-vous improvisé, allait-il accepter ? Et quoi ? Pour quelle raison encore ? Trop de questions et pourtant, plus de larmes, plus de peur de l’autre, seulement deux jeunes adultes sur la plage, un moment embarrassant dans cette bulle incomparable. Paradoxe et pourtant agréable, inconnu et pourtant jeu, danger et pourtant calme, ses sens lui faisaient-ils défaut ?

Haera était folle et telle cette déesse, jamais elle ne manquait d’idée pour obtenir son due, néanmoins plus clémente que cruelle, elle n’aspire à rien d’autre que cela, ni vengeance, ni supplice, simplement cette entente curieuse dont elle n’arrivait pas à définir l’atmosphère. Nouveau frisson, elle fait un pas en avant, va-t-il bouger ? Sa main, cette fois-ci elle la tend et ça n’est pas pour récupérer, mais bien pour négocier.
Mayfield Ezio
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Sam 12 Jan - 22:32
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Confiant en apparence et pourtant si perturbé face à tant de méfiance. Comment avait-il fait, autrefois, pour gagner sa confiance ? Il s’est écoulée une éternité depuis cette époque. Il ne sait par quel miracle il a réussi à la faire succomber, passant son temps à faire le con. Était-ce son insouciance, ainsi que toutes ces différences, qui les avaient rapproché ? Il s’est toujours demandé ce qu’elle pouvait bien lui trouver alors qu’elle pouvait sans aucun problème finir avec un prince charmant des plus clichés. Un mystère qu’il n’a jamais su résoudre. Tout comme il ne comprend pas pourquoi elle ne cherche pas à fuir le danger. Haera n’était-elle pas censée faire passer sa sécurité avant tout ? Étrange. La situation lui échappe peu à peu.

Insistant, la demoiselle refuse de le laisser partir avec son butin. Alors qu’elle commence à les réclamer, lui vient, par défense, plaquer les partitions contre son torse, comme s’il craignait qu’elle ne vienne brusquement les récupérer. Comédie du voleur qui prétend maintenant être la victime. Taquin et joueur, il n’aurait sûrement aucun mal à inverser les rôles ; laissant croire à quiconque que c’est bien lui qui se fait embêter et non le contraire. Pour l’heure, il est bien trop concentré sur la demoiselle, ne sachant même pas si des passants sont présents ou non. Tout est flou, la plage, son esprit, ses souvenirs. Il ne voit qu’Haera. Et il ne pense à rien d’autre.

Des devoirs. Naturellement, il hausse un sourcil, comme s’il en doutait. Elle a beau se montrer bien plus convaincante que lui, il refuse toutefois de se faire piéger par ce simple mensonge. Se méfie-t-elle au point de lui cacher certains talents qui n’attendent que d’être plus développés ? Il ne répond rien dans un premier temps, préférant mettre un minimum de distance entre eux. Si lui donne l’impression de se jouer d’elle, il en est de même pour le jeune homme dont l’esprit s’embrouille toujours un peu plus face à ce manège. Son cœur l’alerte de quelque chose, mais le voleur l’ignore.

Nouvelle question qui le fait intérieurement sourire. Pourtant, ses sourcils se froncent légèrement mimant un air presque vexé. « Peut-être bien parce que je suis un musicien, moi aussi. » Musicien est peut-être un grand mot pour l’italien qui ne se contente de jouer quelques mélodies sur sa guitare. Mais c’était dit avec tant de sérieux qu’elle aura certainement du mal à discerner le vrai du faux. Après tout, Ezio se compare lui-même à un artiste de temps à autre. Dessin ou musique, cela ne change rien, il s’est toujours dégagé de lui cette aura si particulière propre aux artistes et personnes étranges. Et bien qu’il tende plutôt à faire parti de la deuxième catégorie, il s’en satisfera toujours en disant que c’est ce qui le rend si spécial.

Le regard fixé sur les partitions, le jeune homme fait mine de les lire, comme s’il en avait la capacité. Lui n’a jamais été dans de grandes écoles, ni suivi de cours de musique, alors lire ces notes lui prendrait un temps fou. Temps dont il ne dispose pas et n’en a pas besoin bien heureusement, la demoiselle semble avoir une idée et cela suffit à le faire sourire de nouveau. « Hm, mais je les trouvais si prometteuses ces partitions… » Lèvres formant à présent une moue, il réfléchit longuement, laissant les secondes s’écouler avec une lenteur infernale pour la pauvre demoiselle. Relevant la tête vers elle, il l’observe, avec surprise, avancer vers lui. Tout est si différent qu’il en est lui-même perdu. Pourtant, il ne peut le nier ; voir cette pointe de curiosité et d’insouciance dans le regard de la jeune femme fait battre son cœur un peu plus vite. Son envie de voir les choses bouger est toujours là. Elle a seulement besoin d’un petit coup de pouce. Et cette fois-ci, il sera là pour la guider, sans jamais l’abandonner.

Se surprenant à l’observer comme si elle était la chose la plus précieuse qui soit, il secoue la tête et tente de se ressaisir. Ses sentiments, il a bien du mal à les dissimuler. Détournant le regard, ses orbes bleus viennent se poser sur sa main, signe qu’elle n’est pas fermée à toute discussion. Sourire discret cette fois-ci, il s’avoue vaincu. « Qu’as-tu à m’offrir, signorina ? » À nouveau une question pour se jouer de sa patience, pour scruter ses réactions. Que peut-elle bien attendre de lui, dont l’attitude lui vaut tant de méfiance ? Éventuellement, il hausse les épaules et soupire. « Je veux bien te les rendre… À condition que tu les travailles jusqu’au bout, que tu les termines et que tu me fasses écouter. » Est-ce trop demandé ? Non, d’après lui. Néanmoins, malgré une courte hésitation, il lui tend déjà ces précieuses feuilles. Ne les lâchant toujours pas, il soutient son regard avant d’esquisser un fin sourire. « Et comme j’ai été plutôt clément, je garde ça. » dit-il tout en désignant le portefeuille après lui avoir rendu les partitions. « Je suis plutôt à sec ces temps-ci. » Ne dit-on pas que les voleurs n’ont aucun honneur ? À moins que ce soit le contraire ? Il ne s’en souvient plus. Qu’importe, Ezio n’est pas le genre de garçon à inviter une jolie fille au cinéma ou restaurant. Il n’en a pas les moyens. Le connaissant, il en profiterait sûrement pour lui faire les poches ni vu ni connu. Toutefois, face à Haera, il ne prend pas la peine de cacher son jeu. Un voleur, voilà ce qu’il est et demeurera à ses yeux. Du moins, rien que pour un temps, il l’espère.

Un index tapotant son menton, il réfléchit, le fourbe. Quant à conclure un marché avec lui, il vaut mieux toujours fixer des conditions. Sa liste de souhaits pourrait sinon se révéler interminable. D’autant plus lorsqu’il s’agit de sa moitié, perdue mais jamais oubliée. L’opportunité de pouvoir la retrouver à ses côtés l’aveugle au point de se laisser aller. « C’est pas cher payé… Pas vrai ? Alors, ma proposition tient toujours. Suis-moi. » Ou fuis-moi, se retient-il d’ajouter. Toujours aussi vif, le jeune homme ne lui laisse pas tellement le choix, commençant déjà à avancer tout en embarquant le sac de la demoiselle avec lui, par galanterie ou simple oubli, on ne saurait dire. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’il se retient de tout contact physique, n’osant pas même attraper son poignet… Alors pour ce qui est de lui prendre la main, l’italien ne se fait pas d’illusions, restant tranquille au risque de brusquer davantage la demoiselle.

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Min Hae Ra
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Il n’y a pas de fée, il n’y a pas de prince, mais les bourreaux eux existent bel et bien. Néanmoins, ce n’est pas tant par méchanceté pure, il y a des conditions aboutissant à un comportement qui n’est pas propice vis-à-vis d’elle et l’une d’entre elle est cette différence entre la vision qu’elle a du monde et celle de ses géniteurs. Hae Ra n’est plus une enfant, mais traitée comme telle et sous leur autorité, elle se sent comme prisonnière, petite marionnette qu’elle n’a jamais souhaité être et qui parfois tente de ronger les fils, voilà qu’une petite souris tente de l’y aider sans même le savoir. Elle ne connait pas son nom, simplement ce culot et ce talent d’acteur qu’elle lui accorde malgré le geste précédent. Plus aucun dérapage, plus une seule approche qui ne suscitent son mal, elle déglutit et elle cherche à récupérer son bien. Ces partitions sont le seul trésor qu’elle possède et les voir s’envoler dans les bras d’un autre la rendent nerveuse. S’il les vend ? S’il les joue à sa place ? Son cœur brisé d’avoir été leurré toute sa vie, instrument dont on se sert et lauriers récoltés par celui qui le détient. Un geste de recule, il ne les lui rendra pas et pire encore, prétend être musicien, ce qui pour elle est un comble. Elle ne l’a jamais vu au conservatoire et pourtant, la petite ingénue sait que le talent ne s’achète pas et que sa chance n’est pas le fruit d’un argent certain, mais d’une passion qu’elle entretient depuis l’enfance. Il y aura toujours plus virtuose, plus instinctif qu’elle et plus doué et elle se demande si c’est le cas de ce voleur qui la toise si intensément qu’elle mord l’intérieur de sa joue avec ardeur.

Des brouillons, seulement des brouillons, des exercices qu’elle laisse entendre quand il est en réalité de sa propre création, mais plus elle en dévoile, moins elle aura la chance de récupérer son bien et son cœur bat à ses tempes si violemment qu’elle fait cette proposition folle. Figée dans le temps et l’espace, sa question en suspens, le vent virevolte et le sable danse avec lui. Ses cheveux longs caressent sa peau et elle ne défait pas ses yeux des siens tandis qu’il lui temps ses feuilles. Les notes à leur tour se rendent, peu à peu dans un marché pour l’instant négocié. Terminer son travail et le lui faire écouter, ce n’était pas cher payé en effet et c’était surprenant. Un opportuniste ou un admirateur ? Un peu des deux sans doute, très mystérieux en tout cas. Elle ouvre la bouche, mais il tient encore son portemonnaie. Elle le lui laisse, bien moins intéressée. La musicienne se trahie seule, mais il l’a déjà révélé sa supercherie, un peu trop évidente : ces partitions ont de l’importance. Elle accorde malgré tout son temps et sa motivation à rechercher ce qui ne colle pas chez lui, intriguée. Il aurait pu demander tant de choses, mais non. Il veut par ailleurs qu’elle le suive et récupère son sac. Aucun mot n’est sorti de sa bouche tandis qu’il s’enfuit, la laissant pantoise à décider dans l’urgence si oui ou non sa soif de liberté la poussera droit dans les bras d’un inconnu.

Si la réflexion manque, au fond d’elle, il n’y avait qu’une seule solution et tant pis si elle devait le regretter. Affronter ses peurs ne fait en général pas partie d’elle, pourtant, elle le fait, parce qu’il lui semble plus facile d’affronter le voleur que sa propre famille. « D’accord. C’est d’accord… où… comptez-vous aller ? » Toujours ce vouvoiement, elle ne le lâchera pas pour la simple et bonne raison qu’elle y est bien trop habituée et si le respect ne se forçait que par l’âge et le rang d’une personne, nombre de penseurs et d’artistes n’auraient jamais été des étoiles marquant l’histoire.

Elle tremblait, ses mains tendues derrière elle pour ne pas exposer ses craintes ou son excitation, Hae Ra cherchait à se comprendre elle-même, retenant un léger sourire qui transparue quelques millisecondes avant qu’elle n’arbore cette façade plus déterminée qu’hautaine et que l’on confondait souvent. Qu’est-ce qui lui prenait ? Une petite voix au fond d’elle s’attardait à lui énoncer patiemment ce que ses parents feraient s’ils étaient à ses côtés, une autre qui avait pris le dessus débattait avec en affirmant qu’ils n’étaient pas là et qu’elle n’avait aucunement besoin de se référer à eux pour faire des choix. Toutes ces petites voix qui la composaient l’embrouillaient plus qu’elles n’aidaient et désireuse de faire un peu de tri, c’est sur ses sens qu’elle se concentra, gardant une certaine distance entre elle et lui. Elle ne put retenir plus longtemps sa question. Petit voleur téméraire qui avait bien de la chance d’être tombée sur si docile… elle l’enviait presque en espérant secrètement qu’il n’abuserait pas de cette gentillesse ou de cette folie. « Comment… vous appelez-vous ? » Il pouvait mentir, elle pourrait rebondir sur la référence à son propre prénom et ces dieux admirés pour leurs vies trépidantes, mais elle manquait de courage et d’audace. Un nom si prometteur pour si peu de dépassement de soi, parfois lorsqu’elle y pense, elle voudrait bien embellir un peu plus les couleurs de ce si joli prénom au lieu de le rendre si pastel.
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